Maïtena Biraben qui a obtenu 3,4 millions de Canal+ : «Je suis réparée»

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L’animatrice réagit après avoir gagné aux prud’hommes contre la chaîne qui l’avait licenciée en 2016.

« C’est un jugement extrêmement fort qui va bien au-delà de ma personne. La justice a clamé haut et fort que dans ce pays, on ne peut pas faire n’importe quoi, que personne n’est au-dessus de la loi, ni Vincent Bolloré, ni un autre. » C’est une Maïtena Biraben émue qui nous a confié aujourd’hui sa satisfaction après la décision des conseillers prud’hommaux de condamner Canal+ à lui verser plus de 3,4 millions d’euros. Les conseillers ont estimé que son licenciement de la chaîne cryptée en juillet 2016 était « dénué de cause réelle et sérieuse ».

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« Je suis réparée, assure celle qui anime désormais M comme Maïtena sur RMC du lundi au vendredi de 14 heures à 16 heures. Ces mots-là me font beaucoup de bien, parce que ça remet les choses en place. » Choisie par Vincent Bolloré, le patron du groupe Canal pour reprendre les rênes du « Grand Journal » à la rentrée de septembre 2015, elle avait été licenciée 10 mois plus tard pour « faute grave ». Il lui avait été reproché, en plus de faibles audiences, d’avoir refusé de recevoir Michel Denisot sur son plateau alors que la direction de la chaîne avait décidé qu’il couvrirait le Festival de Cannes.

« Tout ce qui est arrivé, pas seulement à mon égard, a été d’une grande violence. Des gens me disent que mon honneur a été lavé, mais il n’a jamais été question d’honneur. C’est une question d’attitude dans la vie, qu’on n’a pas le droit d’avoir. Canal+ était mon employeur, mais c’était plus que ça. C’était une manière de vivre, une liberté, un pan de la culture française qui a disparu. »

«J’assume l’énormité de ces sommes»

A la sortie de l’audience le 25 juin, au tribunal des prud’hommes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), celle qui réclamait alors plus de 4 millions d’euros à son ancien employeur avait les larmes aux yeux. Elle assurait que Vincent Bolloré allait « le payer cher, le plus cher possible ». Elle aura obtenu 3,4 millions.

« J’assume l’énormité de ces sommes, assure Maïtena Biraben, mais ce ne sont pas les miennes, ce sont celles de Vincent Bolloré, celles qu’il a mises dans mon contrat. » Les 3,4 millions d’euros comprennent effectivement plus de 2,5 M€ d’indemnités contractuelles de rupture auxquelles s’ajoutent des indemnités de préavis, de licenciement, des rappels de salaire et des congés payés.

Que compte-t-elle faire de cette somme ? « Je n’en suis pas là. Aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Ce n’est pas comme si j’avais gagné à l’EuroMillions. Une décision de justice, c’est très lourd, c’est quelque chose de grave, d’important. Cette décision a une dimension que je n’imaginais pas. Ce qui est important, c’est que les salariés aient des droits et puissent se défendre face à des employeurs. Je n’ai pas perdu le sens des réalités, je suis la même qu’hier et je serai la même demain. Mais c’est un moment particulier de ma vie, même si la parenthèse ne sera définitivement fermée quand tout sera vraiment terminé ». Canal+ a un mois pour faire appel. Contactée, la chaîne n’a pas souhaité réagir.

Des dénouements différents pour Tex et Julien Lepers

D’autres affaires qui ont secoué les médias ces derniers temps n’ont pas connu le même dénouement devant les prud’hommes. Dans le cas qui opposait Tex à Sony Pictures, son employeur pour France Télévisions, après une blague sexiste dans « Les Z’amours », le motif de « faute grave » a été retenu et l’animateur n’a obtenu « que » 45 000 d’euros d’indemnités alors qu’il en espérait 1,2 millions pour la requalification de ses CDD en CDI. Tex a fait appel.

De son côté, Julien Lepers réclame 3,4 millions d’euros à FremantleMedia, le producteur de « Questions pour un champion »pour l’avoir débarqué du jeu fin 2015. En avril dernier, sans parvenir à un accord sur cette affaire, les prud’hommes l’ont renvoyée en départage, c’est-à-dire que le dossier sera instruit prochainement par un magistrat professionnel.

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